Les 6 raisons de ne pas adopter un Réseau Social d’Entreprise

Il m’arrive souvent de voir, quand je parle de Réseaux Social d’Entreprise (RSE) en conférence notamment, de l’incompréhension de la part de mes interlocuteurs. L’interrogation ne porte pas sur l’outil en lui-même, mais sur l’utilisation qui va en être faite par les salariés.

Voici en vrac les remarques qui reviennent le plus souvent (tout ceci est véridique) :

  • “mais les gens vont se parler !”
  • “et la confidentialité ? “
  • “quelle perte de temps”
  • “il y a l’e-mail pour cela”
  • “Facebook c’est pour les jeunes, et c’est pas sérieux en entreprise !”
  • “j’ai déjà suffisamment d’outils à gérer, pas le temps pour un nouveau”

Petit sondage express : vous êtes-vous reconnu dans l’une de ces phrases? Hein ? Franchement ? :-)

Après tout, je me dis que ces raisons doivent peut-être être bonnes dans le fond. Passons les en revue.

 

“Mais les gens vont se parler !”

Effectivement, les gens vont se parler. Ils vont converser, ce qui, sommes toutes, est normal dans le cadre d’un projet ou d’une direction. Mais imaginer le décloisonnement, oulààà ! Ils risquent de s’échanger des informations “confidentielles” (voir point suivant), se rendre compte qu’ils ont des expertises communes, des savoir-faire connexes , et peut-être même faire des synergies. Sans oublier qu’ils vont pouvoir poster et partager des choses vues par eux seuls sur l’internet mondial. Mon conseil : supprimez le téléphone, la machine à café et la pause cigarette pour être sur qu’ils ne puissent rien échanger.

“Et la confidentialité ? “

Un RSE c’est un outil en SaaS, sur internet, sur des serveurs qui n’appartiennent pas à l’entreprise (comme la grande majorité des services internet finalement), en dehors du périmètre géré par la DSI. Qu’importe les coûts réduits à gérer, moins d’insfratructures et les SLA (Service Level Agreement) qui garantissent la protection et l’accessibilité des données, dont leur copie et leur récupération intégrale si besoin. Mieux vaut laisser les salariés utiliser Facebook pour travailler collaborativement, au moins les conditions générales sont claires tout ce qui est déposé dessus leur appartient.

“Quelle perte de temps”

C’est vrai qu’il est certainement plus efficace de passer une matinée à dépiler ses e-mails au retour de vacances, ou de rechercher vainement des documents attachés dans dans sa boite de réception. ou bien dans un dossier où on l’a rangé. Ou sur un disque serveur. Ca serait tellement simple de taper dans un moteur de recherche et de tout avoir en un seul lieu, avec toutes les conversation contextuelles attachées.

“Il y a l’e-mail pour cela”

L’e-mail, dont les pièces jointes en dizaines de méga octets engorgent les serveurs, est beaucoup plus sûr. Tandis que le RSE est limité aux seules personnes qui ont le droit d’y être, l’e-mail est forwardable à quiconque en dehors de l’entreprise. Et puis, c’est amusant de devoir suivre des dizaines de “répondre à tous” dans le désordre avec des conversations en parallèle, ou d’essayer de retrouver la dernière mouture du fichier qui porte toujours le même nom quel que soit sa version.

“Facebook c’est pour les jeunes, et c’est pas sérieux en entreprise !”

On est bien d’accord, ce n’est pas sérieux en entreprise. Ne serait ce que parce que les données déposées sur Facebook ne vous appartiennent plus. Mais il est aussi évident que plus de 800 millions de personnes doivent se tromper, ce type d’outil (et pas spécifiquement celui-ci) ne doit rien apporter de nouveau dans la manière de partager l’information, de débattre, de créer des communautés autour d’intérêts. Tout cela ne peut-être que le fruit d’une mode. Alors, imaginer qu’un outil puisse reprendre le meilleur de ces mécaniques sociales et les transposer dans un univers professionnel… Non, ça ne marchera jamais.

“J’ai déjà suffisamment d’outils à gérer, pas le temps pour un nouveau”

Prendre un peu de temps pour se simplifier la vie, est ce bien utile ? Maintenant, il est vrai qu’il faut que tout le monde joue le jeu. Pour autant, pourquoi vouloir changer ses habitudes et repenser sa manière de travailler en, par exemple, réduisant le nombre d’e-mail envoyé au profit d’un message collectif sur le réseau social ? Ca pourrait réduire le nombre d’outils au final tout en augmentant son efficacité.

 

Ces réponses – gentiment ironiques – ont un point commun entre-elles : elles répondent à la crainte de la nouveauté. Il faut surtout relativiser la portée de ces nouveaux outils pour se poser les vraies questions avant même celle du ROI :

  • Qu’est ce que les RSE peuvent m’apporter et résoudre comme problème dans mon entreprise ?
  • Quels sont les usages et les processus en cours ?
  • Comment est ce que les RSE peuvent venir nourrir mon activité et l’améliorer, comme le téléphone, le fax et l’e-mail l’ont fait en leur temps ?

Pas d’angélisme, ni de modernisme forcené, juste du bon sens et l’envie de susciter une culture du changement.

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