Les Réseaux Sociaux d’Entreprises restent à apprivoiser

En ce début de torpeur estivale, deux enquêtes (l’une menée par blueKiwi sur les DSI et une autre par le SerdaLAB sur les populations autres que DSI) témoignent coup sur coup de l’arrivée progressive des RSE dans les entreprises. Mais un bout de chemin reste à faire pour que leurs usages soient totalement intégrés aux habitudes.

J’ai passé en revue les différents résultats des deux études et les conclusions sont très révélatrices d’un valse à trois temps : « nous connaissons les RSE et nous sommes en train d’en implémenter, mais le changement des habitudes n’est pas encore érigé en priorité ».

Or, le RSE n’est pas un outil de plus dans la panoplie des outils déjà déployés. C’est un levier, un support à une stratégie plus large de la culture du changement vers une socialisation des flux informationnels au sein de l’entreprise et son écosystème.

 

Quels traits saillants retenir de ces deux études ?

  • Les RSE sont des projets récents – ils ont majorité moins d’un an d’existence – et sont adoptés par moins de 18% des organisations.
  • Communication fluidifiée (56%), veille (51%) et collaboration autour des documents (59%) restent les meilleurs moyens d’introduire l’outil dans une organisation. Mais ces fonctions, très proches de la GED ou bien des usages actuels des Intranets, ne sont qu’une toute petite partie des potentiels des RSE. Les outils sont donc sous-utilisés. Et 3% des répondants admettent que leur projet RSE n’a pas d’objectif précis !
  • Pire, les habitudes restent à 43% chez les DSI : pour créer une équipe ad hoc sur une projet c’est avant tout la disponibilité des gens que l’on a sous la main qui prime et non la recherche de compétences via le RSE. Côté communication interne, le bon vieux Powerpoint et la newsletter tiennent la corde (respectivement à 14 et 17%).
  • Quant aux e-mails, les RSE ont joué pour 22% dans leurs substitution (et la tendance devrait s’affirmer dans les prochains mois); mais quand il s’agit de rappeler les règles de bon usage des e-mails la DSI utilise… l’e-mail à 19%. Mais viennent immédiatement (15%) après la promotion des communautés en ligne, ce qui est encourageant.
  • Côté freins, pointent en premières places la culture d’entreprise (41%) et le manque d’implication des dirigeants et des salariés (35%). La peur de la perte de contrôle n’arrive qu’en 7e position (18%), mais je soupçonne ce chiffre d’être sous-évalué… Dans tous les cas, l’entreprise agit comme le rempart à sa propre évolution, peut-être par un manque d’explicitation des enjeux plus globaux portés par les RSE.
  • Le RSE est perçu comme bénéfique pour les services de communication, la R&D et le marketing.

 

Enfin, une dernière constation que je fais en lisant tous ces résultats : les RSE ont le pouvoir de mobiliser toute l’entreprise, or les RH sont aujourd’hui inexistants dans la prise de décision. Ils ont pourtant une richesse inestimable à exploiter avec les profils riches des salariés.

Globalement, un plafond de verre entre collaboration (centré sur le document ou les processus) et conversation (échanges centrés sur les salariés et leur savoirs) subsiste.

Pour combien de temps ?

, ,

Comments are closed.