Hiérarchie 2.0 : le bouleversement

Les RSE sont vus aujourd’hui comme (entourez la mention utile) :

  • un outil de plus déployé par la DSI
  • un moindre mal par lequel il faut passer face à l’évolution des besoins des salariés
  • un outil moderne et innovant
  • une opportunité pour substituer la conversation à l’e-mail
  • un levier de culture du changement
  • la nécessité de rentabiliser des licences Sharepoint non utilisées

Certes. Mais qui sont les plus impactés dans tout cela ? Les salariés ? Non, le management de proximité. La hiérarchie immédiate (et supérieure par voie de conséquence). Ce sont eux qui doivent gérer, faire avec, et c’est loin d’être facile.

Ce sont aussi les conclusions de Anne-Sophie Novel et de Stéphane Riot, co-auteurs de ” Vive la corévolution ! Pour une société collaborative” aux Editions Alternatives. Voici ce que je retiens de leurs enseignements, mêlé à mes réflexions personnelles :

Une circulation de l’information démembrée

Le dirigeant se retrouve dans l’obligation d’écouter à la fois ses collaborateurs et les consomm’acteurs. Chacun y va de sa revendication, ou de son expression libre (quoi qu’en entreprise le discours soit plus codifié ou auto-maitrisé), avec pour socle commun un vent de démocratie participative et ascendante.

Ce qui oblige à une prise en compte des flux extérieurs (venant de réseaux sociaux grand public) et l’établissement d’un dialogue. Ce dialogue a une teneur différente en interne car le terrain de conversation est plus maitrisé, mais dans les deux cas il est nécessaire d’avoir un intermédiaire de dialogue que sont les community managers.

Et le management dans tout cela ?

La conséquence de tout cela est une relation hiérarchique chahutée, et des managers obligés de comprendre le fonctionnement de ces communautés, et de les accepter ! En clair, devoir lâcher du lest. Pas facile car ils ont des comptes à rendre à leur propre hiérarchie. Mais le cœur de l’enjeu est là : coordonner, converser, co-construire, reconnaître, décentraliser. Le manager doit désormais s’appuyer sur sa fonction de facilitateur.

La difficulté vient de l’imbrication des responsabilités : est ce que l’entreprise dans son ensemble est prête à cette « facilitation » ? La peur de la perte de contrôle est le sujet qui revient immédiatement en tête (c’est toujours ce que me demandent mes interlocuteurs en premier dès que l’on parle RSE), réaction souvent liée à une mauvaise connaissance de ces outils et de leurs codes que l’on n’ose avouer.

Or, la peur ne doit pas prendre le pas sur le formidable levier de transformation et de reconfiguration de la relation hiérarchique que peuvent porter les communautés internes, levier d’autant plus « vendeur » ensuite en externe puisque synonyme d’entreprise ayant accepté d’évoluer dans ses relations inter-salariés.

Quelle place pour les représentants  « officiels » ?

C’est un des points d’achoppement. Les communautés internes, tout comme internet dans son ensemble, font que les syndicats et les dirigeants ne sont plus les uniques sources d’information des salariés. Là aussi, la « hiérarchie » est diluée, et les RSE peuvent être l’occasion de plus de proximité et de prise en compte de sujets autres que les revendications militantes.

En clair, les RSE sont aussi un outil de remise en question des relations dans l’entreprise vers une dimension plus ouverte et collaborative. Une surprise ?

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